Passer au contenu principal

Par Alain LARCHIER

Le paradis n’est pas si loin

Ce que je vais te dire ne doit pas sortir de chez nous, il y va de mon avenir et peut-être de ma sécurité. Cet animal a été mis au point pourra gagner la confiance des utilisateurs. Mais il sera surtout un agent de propagande, publicitaire et politique, à leur insu

Pensive, Janila réfléchissait intensément. Elle avait cessé de manger et sa gaité avait disparu. Enfin, elle dit avec lenteur à voix basse :

Tu as contribué à la réalisation de ce monstre. Je sais bien que tu ignorais sur quoi tu travaillais, sinon tu n’aurais sans doute pas accepté. Parce que la farce va encore plus loin que tu ne l’imagines.

—Que veux-tu dire ?

Pat sera le confident des enfants. Mais il entendra aussi les conversations des parents. Et tout sera retransmis chez Aïteg. Tu devines la suite ?

Bon sang ! Il suffira de filtrer les conversations avec des mots-clés pour repérer les éléments susceptibles de contestation ou de militantisme. Il y aura des mesures prises et tout espoir dans un changement de société sera anéanti… et l’opposition démantelée.

Extraits de livres
La Dame de Pérouges, tome 3

La Dame de Charny – Tome 3

La Dame de Pérouges

C’est au cours du dîner que nous auront l’occasion d’entendre votre protégé, fit Marie tout à coup. Les ménestrels, bardes et poètes défileront tour à tour pour nous divertir.

J’espère qu’il fera montre du même talent que celui que je lui connais. J’aime beaucoup ce qu’il compose, mais peut-être votre sensibilité est-elle différente de la mienne… Aussi, je ne saurais dire s’il vous ravira ou non.

S’il sait jouer des mots pour faire vivre des images, s’il sait voir et faire partager ce que les yeux parfois ignorent… s’il peut faire fleurir un matin de printemps dans les brumes de novembre, s’il nous montre les rivages des îles lointaines où vivent des musiques étranges… s’il amène dans notre rêve des animaux fabuleux, licornes, éléphants ou centaures, si enfin il sait chanter l’amour mieux que tout autre chose, alors … alors sûrement j’aimerai son discours !

Extrait du livre La Dame de Pérouges
Terroriste - 2018

Alain LARCHIER – 2018

Terroriste
  • C’est la procédure habituelle, je n’y peux rien. C’est vous qui avez alerté les secours et vous devez être identifié. Cela vous pose un problème ?

Ahmed hésita. Puis il murmura en regardant la jeune femme dans les yeux avec un air suppliant : « Oui ».

Arbia le regarda intensément, puis elle pâlit.

  • Il me semble vous avoir déjà vu… C’était à la télévision ! Vous êtes Ahmed Bachir !

Le piège venait de se refermer. Il ne servait à rien de nier, dans le hall deux militaires étaient présents dans le cadre du plan Vigipirate. Aucune chance de fuite, un appel et il serait maîtrisé. Perdu pour perdu, il avoua : « Oui, mais je vous en prie ne criez pas. »

Arbia le regarda avec un triste sourire.

  • Vous n’avez pas de chance ? Comprenez que je ne peux pas faire un faux pour vous aider et que je suis obligée de vous dénoncer. Sinon C’est moi qui aurais de gros ennuis.
Extrait du livre Terroriste
La Demoiselle de Charny

Alain Larchier – 1995

La Dame de Charny

Serrés l’un contre l’autre, ils essayaient de lutter contre le froid qui semblait vouloir les immobiliser définitivement. Un sommeil irrésistible accablait le poète qui luttait pour rester éveillé, alors qu’Agnès y avait déjà succombé. Par un effort surhumain, il réussit à se lever et fit quelques pas. Puis, comme dans un rêve, il vit deux cavaliers armés chacun d’une arbalète, surgir au détour du chemin.

Extrait du livre La Demoiseille de Charny
Le treizième disciple

Alain LARCHIER – 2015

Le treizième disciple

Les soins d’Atar eurent un effet surprenant. En peu de temps Jésus retrouva vigueur et santé, et son exaltation finit par se calmer. Il restait de longs moments plongé dans une méditation que le vieil homme ne songeait point interrompre. Il mangeait avec appétit la nourriture qui apparaissait devant lui sans se soucier de sa provenance. Mais la question devait revenir à son esprit car il finit par demander :

  • D’où viennent les fruits, les légumes, l’huile pur tes lampes, le blé pour le pain ?
  • De la terre. Je cultive un jardin un peu en dessous de la grotte. Quant aux lampes, ce n’est pas de l’huile qui brûle, mais du naphte que je recueille pas très loin d’ici. C’est ce qui explique cette lumière plus vive.
  • Un jardin ? Mais nous sommes dans le désert !
  • C’est le trop plein de la source de la grotte qui l’irrigue. Tu verras, il produit plus qu’il n’en faut pour nous deux.
  • Mais d’où vient cette eau ? Il ne peut y avoir de source dans cette désolation de pierre !
  • C’est toi qui le dis, Jésus. Toi qui as étudié les Ecritures, tu ne peux ignorer que Moïse frappa le rocher de son bâton à Qadesh, dans le désert de Tsin et que l’eau coula du rocher…
  • Mais c’était par le pouvoir de Dieu ! pourquoi aurait-il fait la même chose ici ?
  • Tu dois le savoir, si tu es son fils.
Extrait du livre Le treizième disciple
Les Fontaines de Lugdunum

Alain Larchier – 2018

Les Fontaines de Lugdunum

« Il se montre étonnant – on pourrait dire prodigieux, au sens étymologique de terme – à propos de la chute de Chevinay. Là où la topographie et hydrographie exigeaient un brusque dénivelé de quatre-vingt mètres, Alain Larchier propose, plutôt que le dispositif connu d’un escalier hydraulique constitué par une série de puits, une structure originale, une suite de marches sur un plan incliné : deux ans plus tard, une fouille archéologique mettait au jour et révélait que c’était justement ce système qui avait été réalisé. »

Extrait de l’avant-propos de Jean BURDY, Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Lyon.

Extrait du livre Les FOntaines de Lugdunum
La tantation de San Pécunio

Alain LARCHIER – 2008

La tantation de San Pécunio
  • Madame Péju, je vais devoir rentrer à mon hôtel. Puisque monsieur le professeur se propose de vous prêter assistance, je vais donc vous laisser. Si vous permettez, je vous appellerai demain, pour prendre des nouvelles… Au fait, vous avez déjà vu un des bandits ?
  • C’était un homme d’environ 35 ans, bien mis, assez distingué. Brun, frisé, avec une petite moustache, et des favoris qui devaient cacher une cicatrice sur la joue gauche. Il avait une splendide épingle à cravate avec un diamant d’au moins un carat ! Il sentait le tabac brun et devait fumer pas mal, parce qu’il avait les doigts tachés. Ses mocassins noirs étaient irréprochables, et sa pochette portait les initiales G.S.

J’ai déjà entendu des descriptions, mais là, j’en suis resté baba. En poussant un peu on aura un portrait robot plus vrai que nature. La vieille finit par expliquer : « Ça fait des années que je m’entraîne à mémoriser. Des tas de choses. Et quand je rencontre quelqu’un pour la première fois, j’en fais un inventaire mental qui me permettra de la reconnaître plus tard.

Extrait du livre La Tantation de San Pécunio
Un an maire d’Eure

Alain Larchier – 2013

Un an maire d’Eure

Á ce stade de sa péroraison, le maire voulut juger de l’impact sur son auditoire, et se tut quelques secondes. Les projecteurs qui inondaient la scène d’un flot de rayons agressifs rendaient du même coup la salle invisible à ses yeux, et il ne put constater la perplexité qui s’étalait à la surface des visages. Certes, on avait entendu, mais quoi, au juste ? Quelques chétifs applaudissements lancés par la clique ne reçurent pas les dividendes espérés, et Debarre dut se remettre à l’établi dans l’incertitude.

  • Je lance un appel à toutes celles et ceux qui veulent l’entendre, que la volonté constante du développement harmonieux est le phare qui illumine la voie que nous devons suivre. Inutile de chercher à vous convaincre, vous qui savez déceler le vrai du faux, pour constater les avancées spectaculaires déjà réalisées et qui ne sont que les prémices des réalisations futures.
Extrait du livre Un an maire d’Eure
Over Flo - 2004

Alain LARCHIER – 2004

Over Flo
  • Allo ? Monsieur Gustave Dumont ?
  • Qu’est-ce que c’est ?
  • Je suis Florentine Dumont, votre petite fille, et …
  • Connais pas !

Clac ! La coupure brutale fit sursauter la jeune femme. Elle resta un moment sans réaction, puis laissa échapper le combiné qui tomba sur la table. Elle avait mis tant d’espoir dans cet appel qu’elle se trouvait anéantie. Louise avait raison, le grand-père ne valait pas grand-chose. Elle eut un sourire amer et songea : « Louise… je n’ai jamais pu dire maman en pensant à elle. Si elle s’était comportée en vraie mère, je n’en serai pas là ! »

Extrait du livre Over FLo